{"id":893,"date":"2024-01-28T14:10:11","date_gmt":"2024-01-28T13:10:11","guid":{"rendered":"https:\/\/amis-montesquiou.com\/?page_id=893"},"modified":"2026-08-14T10:21:36","modified_gmt":"2026-08-14T08:21:36","slug":"biographie","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/amis-montesquiou.com\/?page_id=893","title":{"rendered":"Sa biographie"},"content":{"rendered":"<p><strong>Robert de Montesquiou, quelques dates<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par\u00a0G\u00e9rald Duchemin, pr\u00e9facier du recueil\u00a0<em>Du snobisme : Robert de Montesquiou<\/em> (Prix Robert de Montesquiou 2022, Editions Le Chat Rouge, 2022).<\/p>\n<p><strong>1855<\/strong> (19 mars). Naissance de Robert de Montesquiou-Fezensac, quatri\u00e8me et dernier enfant de Pauline Duroux et du comte Thierry de Montesquiou. Il est moins \u00e9duqu\u00e9 par ses parents que par ses grands-parents\u2026 Il est un descendant de D\u2019Artagnan, qui n\u2019est pas qu\u2019un personnage des <em>Trois Mousquetaires<\/em> de Dumas\u2026<\/p>\n<p><strong>1867-1869<\/strong>. Il \u00e9tudie au lyc\u00e9e Bonaparte (devenu depuis lyc\u00e9e Condorcet). Il rencontre Charles Haas (dandy qui servira \u00e0 Proust de mod\u00e8le pour b\u00e2tir son personnage Swann). Robert de Montesquiou lit Balzac avec passion, mais aussi Stendhal, Gautier, Hugo.<\/p>\n<p><strong>1873<\/strong>. Trop mince, il est d\u00e9clar\u00e9 inapte au service militaire.<\/p>\n<p><strong>1875<\/strong>. Il rencontre Barbey d\u2019Aurevilly chez la baronne de Poilly, mais il n\u2019a pas su l\u2019aborder. Il est rest\u00e9 en retrait. Il fait surtout la connaissance de Judith Gautier (1845-1917), la fille de Th\u00e9ophile. Cette femme g\u00e9niale, lettr\u00e9e, \u00e9crivaine, est folle des arts asiatiques. Elle les fait d\u00e9couvrir \u00e0 Robert de Montesquiou, ravi et marqu\u00e9 \u00e0 vie par une telle initiation. On dit qu\u2019il aurait eu une histoire amoureuse, enfin une histoire d\u2019un soir, avec Judith. Et qu\u2019il en serait tomb\u00e9 malade physiquement.<\/p>\n<p><strong>1878<\/strong>. Sa cousine, Elisabeth Caraman-Chimay, \u00e9pouse le richissime comte Greffulhe. Grande amiti\u00e9 avec cette cousine. Ils s\u2019adorent. La vie mondaine de Robert prend de l\u2019ampleur. Il s\u00e9duit par son physique avantageux, sa prestance de dandy, et, d\u00e9j\u00e0, ses bons mots, et son incroyable culture font mouche dans les meilleurs salons de Paris. Les mondanit\u00e9s ne lui suffisent pas : \u00ab Je commen\u00e7ai d\u2019aimer la po\u00e9sie, la vraie, de cet amour exclusif, passionn\u00e9, presque douloureux, d\u00e9j\u00e0 combatif, qui devait dominer ma vie. \u00bb (<em>Les Pas effac\u00e9s<\/em>).<\/p>\n<p><strong>1880<\/strong>. Il soutient le peintre Paul-C\u00e9sar Helleu, et Verlaine. Son m\u00e9c\u00e9nat ne fait que commencer. Il rencontre Edmond de Goncourt, lequel \u00e9crit dans son <em>Journal<\/em> : \u00ab Un toqu\u00e9, un d\u00e9traqu\u00e9 litt\u00e9raire, dou\u00e9 de la supr\u00eame distinction des races aristocratiques\u2026 Un tarabiscot\u00e9 distingu\u00e9 qui pourrait bien avoir un vrai talent litt\u00e9raire \u00bb. Amiti\u00e9 avec Mallarm\u00e9.<\/p>\n<p><strong>1883<\/strong>. Il s\u2019installe quai d\u2019Orsay, puis \u00e0 Passy. Il ne vit que dans les quartiers les plus chics de Paris.<\/p>\n<p><strong>1884<\/strong>. Publication d\u2019<em>A rebours<\/em>, roman de Huysmans. Le personnage des Esseintes est directement invent\u00e9 \u00e0 partir des go\u00fbts et couleurs du comte. Robert de Montesquiou, dont le Tout-Paris rapporte les excentricit\u00e9s, et les raffinements, se voit traduit, reproduit, mais aussi d\u00e9form\u00e9, trahi, enlaidi de vices qui ne sont pas les siens, par Huysmans. Par exemple, Robert de Montesquiou, mondain notoire, est le contraire d\u2019un misanthrope\u2026 Le comte, en cette p\u00e9riode o\u00f9 le d\u00e9cadentisme litt\u00e9raire rivalise avec le naturalisme de Zola, se passionne pour le spiritisme d\u2019Allan Kardec. Il voyage \u00e0 Londres. Il rencontre William Morris, Henry James, et surtout le peintre Whistler.<\/p>\n<p><strong>1885<\/strong>. Rencontre avec Gabriel de Yturri, Argentin. Ce dernier devient son secr\u00e9taire, son ami, son confident. Leur couple gay est tr\u00e8s officieux\u2026 Montesquiou l\u2019emm\u00e8ne avec lui en Italie et, plus tard, en Afrique du Nord (1891).<\/p>\n<p><strong>1888<\/strong>. Nouveau s\u00e9jour \u00e0 Londres. Il c\u00f4toie Whistler. En 1891, le peintre fera son portrait, <em>Arrangement in black and gold, Comte de Montesquiou-Fezensac<\/em>.<\/p>\n<p><strong>1892<\/strong>. Rencontre avec Gall\u00e9 (Emile), \u00e9b\u00e9niste, verrier et c\u00e9ramiste. Montesquiou lui commande une commode d\u00e9cor\u00e9e d\u2019hortensias ainsi qu\u2019une psych\u00e9 \u00e0 marqueterie de glycines. Il visite le salon des Rose-croix. Boldini le peintre devient un ami. Enfin, et peut-\u00eatre surtout, il publie son tout premier livre, <em>Les Chauves-souris<\/em>, un recueil de po\u00e8mes. Le livre sid\u00e8re par le luxe de son \u00e9dition. Ins\u00e9r\u00e9 dans une bo\u00eete envelopp\u00e9e de soie, imprim\u00e9 sur papier de Chine, l\u2019ouvrage est r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 quelques Happy few bien entendu. C\u2019est dans ce recueil, en son pr\u00e9lude, qu\u2019un vers dit : <em>Je suis le souverain des choses transitoires<\/em>. La po\u00e9sie du comte rappelle celle de Th\u00e9ophile Gautier, en plus pr\u00e9cieux encore, avec des audaces et des fantaisies qui agacent ou envo\u00fbtent.<\/p>\n<p><strong>1893<\/strong>. Dans le salon litt\u00e9raire de Madeleine Lemaire, il rencontre le tout jeune Marcel Proust. En signe d\u2019amiti\u00e9, il lui envoie une photo d\u00e9dicac\u00e9e o\u00f9 est \u00e9crit : \u00ab Je suis le souverain des choses transitoires. \u00bb<\/p>\n<p><strong>1894<\/strong>. Il s\u2019installe \u00e0 Versailles. Il donne une f\u00eate en l\u2019honneur de Sarah Bernhardt. Proust vient accompagn\u00e9 du jeune et beau L\u00e9on Delafosse (pianiste).<\/p>\n<p><strong>1895<\/strong>. Il publie <em>Les Perles rouges<\/em> (po\u00e8mes). Gr\u00e2ce \u00e0 Proust, il rencontre Anatole France et le compositeur Reynaldo Hahn. Proust ne cesse de le harceler sur les us et coutumes du Grand Monde. C\u2019est par Montesquiou que Proust s\u2019informe. Et l\u2019information est de premi\u00e8re main.<\/p>\n<p><strong>1896<\/strong>. Mort de Verlaine, po\u00e8te qu\u2019il admirait et dont il \u00e9tait un des m\u00e9c\u00e8nes. Parution des <em>Hortensias bleus<\/em>. La Critique ricane de ses po\u00e8mes pr\u00e9cieux.<\/p>\n<p><strong>1897<\/strong>. Duel avec l\u2019\u00e9crivain Henri de R\u00e9gnier. Giovanni Boldini peint son portrait, qui deviendra c\u00e9l\u00e8bre, voire d\u00e9sormais culte. Gant\u00e9 en gris clair, moustaches relev\u00e9es, piquantes, le comte consid\u00e8re la canne qu\u2019il tient en main. Il s\u2019y mire comme dans un miroir, \u00e0 moins que cette canne ne soit un \u00e9trange instrument de musique int\u00e9rieure\u2026 Robert de Montesquiou doit \u00e0 ce superbe tableau, une bonne part de sa survie iconique.<\/p>\n<p><strong>1899<\/strong>. Il s\u2019installe au Pavillon des Muses \u00e0 Neuilly.<\/p>\n<p><strong>1901<\/strong>. Publication du recueil de po\u00e8mes, <em>Les Paons<\/em>. Jean Lorrain donne <em>Monsieur de Phocas<\/em>, roman dont le personnage central reprend quelques \u00ab mani\u00e8res \u00bb du comte. Robert de Montesquiou ne s\u2019en afflige qu\u2019\u00e0 moiti\u00e9. Ce n\u2019est plus la premi\u00e8re fois. Jean Lorrain et le comte ont eu des relations compliqu\u00e9es\u2026 entre brouilles, d\u00e9ceptions r\u00e9ciproques, fr\u00e9quentations distanci\u00e9es\u2026 Lorrain \u00e9tait alors le critique le plus craint et le plus vip\u00e9rin. Il n\u2019a pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 moquer tous les \u00ab\u00a0petits Kiou-Kiou\u00a0\u00bb, \u00e0 savoir toute la jeunesse lettr\u00e9e qui tournait autour de Montesquiou, dont Proust. Robert, lui, ne pouvait encadrer les \u00ab\u00a0yeux de batraciens\u00a0\u00bb de ce Lorrain \u00ab\u00a0\u00e0 l\u2019anatomie boursouffl\u00e9e\u00a0\u00bb\u2026 Etc. Les hostilit\u00e9s d\u00e9but\u00e8rent quand Montesquiou refusa \u00e0 Lorrain le plaisir de lui d\u00e9dier un recueil de po\u00e8mes.<\/p>\n<p><strong>1903<\/strong>. Voyage aux Etats-Unis avec Yturri. Il en profite pour donner des conf\u00e9rences. Succ\u00e8s.<\/p>\n<p><strong>1905<\/strong>. Mort de Gabriel de Yturri. Peine immense de Montesquiou. C\u2019est la fin d\u2019une \u00e9poque. Proust publie un fameux article du Montesquiou, intitul\u00e9 \u00ab Un professeur de beaut\u00e9 \u00bb, dans la revue <em>Les Arts et la vie<\/em>.<\/p>\n<p><strong>1906<\/strong>. Il donne une longue conf\u00e9rence sur Gustave Moreau, \u00e0 la galerie Petit, \u00e0 Paris.<\/p>\n<p><strong>1907<\/strong>. Publication d\u2019<em>Altesses s\u00e9r\u00e9nissimes<\/em>, recueil d\u2019articles et proses diverses. Il revoit Proust qu\u2019il n\u2019a pas revu depuis deux pleines ann\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>1908<\/strong>. Il rencontre la princesse Bibesco, femme de Lettres fran\u00e7aises, d\u2019origine roumaine. Son livre <em>Au bal avec Marcel Proust<\/em> (1928) est r\u00e9guli\u00e8rement r\u00e9\u00e9dit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>1909<\/strong>. Montesquiou s\u2019installe au V\u00e9sinet, dans le Palais rose. Il s\u2019enthousiasme pour les Ballets russes. Ida Rubinstein devient son amie. Il donne un nouveau recueil d\u2019articles, <em>Assembl\u00e9e de notables<\/em>, que la Critique ignore, comme \u00e0 peu pr\u00e8s tout ce que le comte publie d\u00e9sormais. Montesquiou en souffre. Sa gloire litt\u00e9raire s\u2019\u00e9loigne au fur et \u00e0 mesure qu\u2019il publie\u2026<\/p>\n<p><strong>1910<\/strong>. Para\u00eet son premier roman, <em>La Petite mademoiselle<\/em>. Insucc\u00e8s.<\/p>\n<p><strong>1913<\/strong>. Marcel Proust publie enfin le tout premier volume d\u2019<em>A la Recherche du temps perdu <\/em>: <em>Du c\u00f4t\u00e9 de chez Swann<\/em>. Montesquiou se reconna\u00eet dans le baron de Charlus, \u00e0 quelques traits \u00e9vidents. Il s\u2019en agace, d\u2019autant que bien d\u2019autres mondains et autres personnalit\u00e9s du \u00ab\u00a0meilleur monde\u00a0\u00bb le reconnaissent aussi\u2026<\/p>\n<p><strong>1914<\/strong>. Guerre mondiale\u2026 Montesquiou va d\u2019abord sur Trouville, avant de partir plus au sud, se r\u00e9fugier dans son ch\u00e2teau de Courtanvaux, ancienne demeure de D\u2019Artagnan.<\/p>\n<p><strong>1919<\/strong>. Prix Goncourt pour <em>A l\u2019ombre des jeunes filles en fleurs<\/em>, roman de Proust. Montesquiou le jalouse et l\u2019admire \u00e0 la fois. Il aurait aim\u00e9 go\u00fbter \u00e0 cette gloire litt\u00e9raire. Il rend visite \u00e0 Marcel une derni\u00e8re fois. Il ne lui parle que de ses po\u00e8mes qu\u2019il lui r\u00e9cite\u2026<\/p>\n<p><strong>1921<\/strong>. Publication d\u2019<em>Elus et appel\u00e9s<\/em>, recueil d\u2019articles. Il ach\u00e8ve ses m\u00e9moires. Enfin, le 11 d\u00e9cembre \u00e0 Menton, il succombe \u00e0 une crise d\u2019ur\u00e9mie. Le 21 d\u00e9cembre, il est inhum\u00e9 au cimeti\u00e8re des Gonards (\u00e0 Versailles), aux c\u00f4t\u00e9s de son bien aim\u00e9 Gabriel de Yturri. Seront publi\u00e9s de mani\u00e8re posthume ses m\u00e9moires (<em>Les Pas effac\u00e9s<\/em>) et un roman, son deuxi\u00e8me, <em>La Tr\u00e9pidation<\/em>, sc\u00e8nes de m\u0153urs mondaines. Si toute son \u0153uvre (ses po\u00e8mes comme ses essais) tombe dans l\u2019oubli, son personnage de dandy, qui inspira bien des peintres et des romanciers, lui survit, et m\u00eame, devient culte, en tout cas, incontournable \u00e0 qui pr\u00e9tend analyser ou \u00e9voquer le dandysme, cette f\u00eate spirituelle et vestimentaire de la personne.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"89\">\u00a0<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\u00a0<\/td>\n<td>\u00a0<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n\n\n<a href=\"https:\/\/nippontrend.com\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/nippontrend.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ole777<\/a>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Robert de Montesquiou, quelques dates Par\u00a0G\u00e9rald Duchemin, pr\u00e9facier du recueil\u00a0Du snobisme : Robert de Montesquiou (Prix Robert de Montesquiou 2022, Editions Le Chat Rouge, 2022). 1855 (19 mars). 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